La pensée de Montaigne (1533-1592) allait dans ce sens : La mort a beau être l’affaire de tous, c’est d’abord le problème de chacun… Alors, que faire ? Penser la mort au risque de se gâcher la vie ? Ou bien perdre sa vie à essayer vainement d’oublier qu’elle s’achève…
Lors de la Pandémie, je pense que nous avons tous été touchés et préoccupés particulièrement par ces 2 sujets : La vie et la mort.
La vie et la mort sont des notions opposées dont l’équilibre est les deux. L’une n’existant pas sans l’autre.
Goûter la vie, c’est le plaisir ressenti dans le corps, « le plein », joie qu’on s’autorise ou pas. C’est un apprentissage, un travail sur soi.
La mort, c’est le vide, l’Inconnu, le sombre, qui fait peur.
Lorsqu’on sort du ventre de sa mère, ce lieu de création et d’osmose reste en mémoire dans notre corps. Chacun tentera alors de retrouver cet état de plénitude, de complicité tout au long de sa vie avec l’autre (par exemple le fait d’avoir besoin qu’on se comprenne sans se parler, avec nos proches).
C’est une course souvent épuisante à l’extérieur de soi jusqu’au moment où rien ne va plus. Je n’y arrive plus, je ne gère plus.
Jusqu’alors je me posais peu ou pas de questions sur ce que je ne vois pas…
Pour tenter de lutter contre ce fléau, la Covid, nous avons été confinés voire enfermés en Soi dans nos habitations.
Pourrait-on imaginer cette période comme un retour symbolique de l’enfant à la maison, avec ses obligations, ses contraintes d’antan dans un cadre restreint.
Puis nous sommes devenus des dangers potentiels pour notre entourage et autrui, avec des interdictions nous privant de maintenir nos liens, jusqu’à en perdre les gestes de politesse et modifier nos codes de communication déjà compliquée lorsque nous pensions être libres.
Les contacts physiques restreints, plus de gestes affectifs autorisés – avec nos aînés principalement – une majeure partie du monde s’est repliée derrière son masque en gardant ses distances…
Les angoisses et les peurs enfouies du petit enfant qu’on a été ont pu revenir en surface.
Il était donc difficile de profiter du moment présent.
Le cadre sécuritaire de la société fragilisée par trop d’informations contradictoires nous a fait perdre confiance.
Le sentiment de « toute puissance » sur la vie ou la maladie de l’autre dont je pourrais être le coupable, me rend impuissant.
La solitude en chacun a pu s’installer, en étant isolé de ses proches et dans l’obligation de les laisser mourir seuls… pour tenter de les sauver.
Comment redonner du souffle dans l’étouffement de la situation ?
Montaigne écrivait dans Essais, « De la Physionomie » :
« Si nous avons su vivre constamment et tranquillement nous saurons mourir de même ».
Je propose un travail sur Soi pour apprendre à respirer la vie, à comprendre le rôle du corps avec ses dysfonctionnements qui témoignent de la résonance du passé.
Pouvoir se libérer de la peur du dernier souffle, la peur de se connaître, en vivant.





